Organicom

Omrane Dorsaf & Mignot Pierre

La communication des organisations, dite aussi communication organisationnelle, est un champ bien identifié en sciences de l’information et de la communication. Le LERASS y contribue depuis les années 1990. Les chercheurs d’Organicom ont pour centre d’intérêt des organisations qui, pour atteindre leurs objectifs notamment économiques dans un environnement complexe et imprévisible, cherchent à optimiser la coopération d’une diversité d’acteurs et la mobilisation d’une pluralité de savoirs. L’activité organisationnelle sous-jacente implique la mobilisation d’une pluralité de savoirs et d’acteurs, à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation, qui doivent se comprendre et interagir pour atteindre un objectif commun, tout en maîtrisant les risques associés. La coopération des acteurs se révèle d’autant plus cruciale que le nombre d’informations et de connaissances à mobiliser est élevé, les interdépendances cognitives fréquentes et la structuration de l’activité difficile à déterminer a priori. La dimension communicationnelle intervient alors en permanence dans un processus dont le résultat incertain est co-produit par des acteurs en interaction. Les recherches menées s’intéressent autant à l’action et à la cognition qu’à l’interaction et à la communication entre les acteurs. Elles analysent les discours formels et informels, confrontent les discours aux pratiques, mettent au jour les processus relationnels et les éventuels paradoxes.

Trois  thèmes consubstantiels sont abordés : 

  • Intelligence collective en organisation : quelles sont les adaptations, coordinations et/ou négociations qui rendent possible l’action collective des individus au travail en contexte incertain ? Les recherches menées appréhendent notamment l’intelligence collective en s’intéressant à la créativité organisationnelle, à la coopération entre les acteurs, à la diversité des éléments constitutifs (logiques sociétales, culture et identité, systèmes de gestion, régulation des rapports sociaux, processus d’information et de communication) et aux pratiques de communication médiatisée (en interne et en externe). Qu’il s’agisse des interactions entre chercheurs et praticiens, entre équipes de soignants lors de relèves à l’hôpital, entre salariés d’une station service d’autoroute, entre responsables d’un logiciel de suivi des livraisons, les travaux de l’équipe démontrent l’hybridité d’une intelligence collective, humaine et non humaine, distribuée bien plus que hiérarchique, dépendante du contexte tout autant que de règles de calcul universelles. Sont ainsi étudiées la diversité des éléments qui contribuent à l’intelligence collective (les logiques sociétales, la culture et l’identité, les systèmes de gestion, la régulation des rapports sociaux et/ou les processus d’information et de communication), et les questions de la communication médiatisée (en interne et en externe) des organisations (marchandes et non marchandes) et les pratiques des acteurs concernés
  • Processus communicationnels versus dynamiques organisationnelles : comment dynamiques organisationnelles et processus communicationnels s’alimentent-ils mutuellement, notamment lors de changements ? Afin d’étudier les modalités et temporalités des (re)compositions des organisations, les chercheurs recueillent puis analysent des interactions entre groupes professionnels qui doivent articuler leurs divers intérêts, assurer la gestion des risques et réguler l’action collective globale. Les travaux portent sur les dispositifs de prescription et d’encadrement mis en place par les organisations, sur les transformations du travail et les modes de gestion des ressources humaines. Les représentations individuelles et sociales des acteurs/agents en présence sont également prises en compte. Le projet est de mieux comprendre l’évolution des compétences attendues dans le travail et le développement de l’évaluation, alors même que s’observent des phénomènes d’intériorisation généralisée.
  • Pratiques info-communicationnelles et participation en santé : quelles sont les modalités de participations sociales et les pratiques organisationnelles et info-communicationnelles dans le domaine de la santé ? Trois dimensions sont retenues : les pratiques info-communicationnelles des particuliers et des médecins généralistes dans le cadre de la prévention et du dépistage des cancers du sein ; la participation sociale de personnes vieillissantes et/ou en situation de handicap et leurs interactions avec les chercheurs ; les pratiques organisationnelles et info-communicationnelles en santé au travail. De manière transversale, l’attention porte sur les représentations, les usages, les interactions et les médiations à l’oeuvre. Les approches se veulent interprétativistes et interactionnistes. Les méthodes sont inductives ou abductives, mobilisant des techniques de recueil qualitatives (entretiens, observations) et quantitatives (sondage).

Liste des membres

Professeur.e.s

    Maîtres/Maîtresses de conférences Habilité.e.s à diriger des Recherches

    Maîtres/Maîtresses de conférences

    Doctorant.e.s

    Associé.e.s