Emilie Blanc

Equipe : Organicom


Adresse :
115 D route de Narbonne
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Recherche

Un parcours entre recherche et action

Mon parcours en Sciences de l’information et de la communication et en particulier en communication des organisations s’inscrit à la fois dans la recherche universitaire et dans les pratiques professionnelles au plus près des institutions et des entreprises. Forte de mes expériences de terrain, je choisis donc la démarche méthodologique de la recherche-action pour réaliser ma thèse. Mes observations quotidiennes au cours de mes différents emplois enrichissent et orientent mes choix d’étude : je décide d’approfondir en particulier la thématique de la communication des organisations, ainsi que la question des risques psychosociaux.
Plus précisément, au cours de la recherche-action menée au sein de La Poste, nous problématisons le rôle d’une « communication organisante » dans la prévention des risques psychosociaux liés à un changement : « l’acculturation au numérique ». Ma thèse revient sur les différentes transformations opérées au sein de La Poste depuis sa création, et met en lumière le rôle de la communication dans l’accompagnement de ces dernières, plus particulièrement avec le dispositif appelé le « Grand Dialogue » se présentant comme « une démarche inédite en faveur du bien-être au travail » que nous approchons dans une démarche critique et constructive. A l’issue de nos recherches, il apparaît
qu’une majorité des collaborateurs n’est pas en difficulté dans ses usages du numérique, compte tenu des actions d’accompagnement à l’acculturation mises en place par la direction de la communication, grâce à ses différentes innovations. Les principaux résultats montrent que cette communication organisante se révèle donc être un facteur de protection des RPS de cette « acculturation au numérique », et vient par là même questionner son rôle en tant que contributrice de la citoyenneté. En effet, cet engouement des postiers pour les technologies numériques semble révéler que leur usage devient une nécessité pour tous et trouve une utilité au-delà de l’entreprise, dans leur vie quotidienne. Par ailleurs, la recherche-action vient mettre en lumière les enjeux mais aussi les limites de la prévention des RPS au sein de l’organisation, pour l’ensemble des collaborateurs, y compris pour les assistants sociaux. Ainsi, découvrons-nous comment ces collaborateurs atypiques mettent en place des stratégies d’usage des technologies numériques pour palier à une organisation et à des pratiques communicationnelles jusque-là frustrantes. Soucieuse dès le départ de venir d’un parcours en Sciences humaines et sociales vers les Sciences de l’information et de la communication, j’ai voulu publier dans ces deux champs, y compris dans celui
du travail social.

Publications

Articles en cours de publication dans des actes de colloques/congrès sur 2018/2019

BLANC Emilie, BOUZON Arlette, « Impact des TIC sur les relations humaines au sein des organisations », Colloque international Développement/Changement personnel organisationnel Management et communication, 28 et 29 juin 2018, Montpellier, France, 2018.

BLANC Emilie, BOUZON Arlette, « Une recherche action sur la prévention des risques psychosociaux », Colloque international RESIPROC : Ce que la « pratique » fait à la recherche en communication organisationnelle, 11 et 12 juin 2018, Paris, France, 2018.

BLANC Emilie, TODO-ALIPUI Joel Messan, « Le « Grand Dialogue », une démarche inédite en faveur du bien-être au travail ou un accélérateur de productivité ? », Colloque international Org and Co : Le « côté obscur » de la communication des organisations, 28-29 mars 2019, Pessac, France, 2019.

Articles dans des revues avec comité de lecture au national et à l’international - 4 - (entre 2016 et 2018)

• « Une communication des organisations comme facteur de protection des risques psychosociaux liés à l’acculturation au numérique (Groupe La Poste) », Communication & Organisation, Laboratoire MICA - Université Bordeaux Montaigne, France. Juin 2016. Numéro 49, 11 pages.

Résumé de l’article : L’acculturation au numérique en tant que changement organisationnel aurait pu générer des RPS dans une entreprise déjà fragilisée par une première « greffe culturelle ». Pourtant, le service communication a su impulser différentes innovations, notamment avec les « petits déjeuners numériques » qui ont permis d’accompagner les collaborateurs dans un changement organisationnel, conférant à la communication une dimension organisante. À travers cette étude, c’est le rôle de la communication des organisations qui se trouve questionnée car celle-ci apparaît comme un facteur de protection des RPS liés à l’acculturation au numérique. Par ailleurs, l’objet même du numérique semble conférer à la communication des organisations un nouveau rôle hors des murs de l’entreprise, mais également une dimension plus large au sein de la société.

• « Des stratégies d’usage des technologies numériques au secours d’assistants sociaux du personnel victimes de mal être au travail », Revue Intervention au Québec. Octobre 2016.

Résumé de la note de recherche : Le Centre financier de Toulouse (Groupe La Poste) a mis en place un nouveau plan de communication et d’actions basé sur « l’acculturation au numérique » des postiers. Ce plan visait à les accompagner pendant la transition vers l’arrivée du numérique au sein de l’entreprise. Si notre recherche-action nous a montré que « l’acculturation au numérique » des postiers ne constituait pas un facteur de risque psychosocial pour la majorité des postiers, grâce notamment au rôle qu’à pu jouer la direction de la communication dans cet accompagnement au changement, en revanche, elle nous a également montré que les risques psychosociaux liés au changement technologique peuvent être amoindris lorsque les usagers eux-mêmes — ici, les assistants sociaux des services financiers chargés de venir en aide aux postiers — s’approprient, dans le cadre de leur travail, des nouvelles technologies pour non seulement réduire le stress lié au travail mais aussi pour créer des rapports plus harmonieux au travail. Ce serait, pour faire une analogie, le cas où les médecins se sont d’abord soignés afin de mieux aider ceux qui souffrent de la même « maladie », i.e. l’acculturation au numérique.

• « Des stratégies d’usage des technologies numériques au secours de pratiques communicationnelles frustrantes : une approche par la médiation », Revue Communication – Département d’information et de communication de l’Université Laval au Canada. Second semestre 2017. Numéro 34/2.

Résumé de l’article : Dans le cadre d’une recherche doctorale à La Poste, une recherche-action est menée sur la prévention des risques psychosociaux. Notre étude nous permet de mettre en lumière les risques psychosociaux (RPS) rencontrés par les assistants sociaux du personnel dans leurs pratiques professionnelles quotidiennes. Ces RPS concernent en particulier les exigences émotionnelles amplifiées par l’isolement des professionnels, leurs rapports sociaux au travail ainsi que l’insécurité de leur situation de travail. De même, grâce à notre observation participante, d’un point de vue à la fois de praticien et de chercheur, nous constatons que l’organisation de leurs pratiques communicationnelles commence à générer de la frustration, alors qu’elle leur permettait auparavant d’évacuer leur stress. Aussi, nous faisons le constat que ces assistants sociaux se mettent à élaborer des stratégies d’usage des technologies numériques afin de trouver des solutions face à leur mal-être au travail. La création de ces nouveaux espaces de médiation finit donc par soulever la question du plaisir (retrouvé) au travail.

• « Conséquences de stratégies d’usage des technologies numériques : une redéfinition des frontières dans la relation professionnelle aidant/aidé", Revue française des Sciences de l’information et de la communication. Janvier 2018. Numéro 12.

Résumé de l’article : Dans le cadre d’une recherche-action et au cours de ses pratiques quotidiennes au Centre financier de Toulouse (Groupe La Poste), une assistante de service social chercheuse en Sciences de l’information et de la communication repère l’émergence de nouvelles stratégies d’usage des technologies numériques de postiers en souffrance. Ces stratégies d’usage modifient les frontières de la relation d’aide entre les professionnels de l’action sociale et leurs usagers. En effet, les usagers font valoir leur point de vue, s’expriment, et négocient la relation aidant/aidé en la réformant, ce qui contribue à faire évoluer les frontières dans la relation aidant/aidé, autant au niveau du contenu que de la forme, ainsi que dans son inscription temporelle et spatiale. L’analyse de ces différents discours montre donc comment le support numérique peut modifier l’expression, le rapport au temps et au lieu, ainsi que la relation d’aide des usagers avec le professionnel de l’action sociale.

Article dans une revue sans comité de lecture - 1 - (en 2017) en faveur des personnes en situation de vulnérabilité

• « Transition digitale et médiations numériques : cas du service social à La Poste », Revue thématique du Centre Régional d’Etudes, d’Actions et d’Informations Paca et Corse. Décembre 2017.

Résumé de l’article : Actuellement, la société et les entreprises sont en profonde mutation avec des technologies qui induisent de nouveaux comportements. Cette transition digitale engendre des changements tant dans les manières de travailler que dans l’environnement personnel. A la Poste, l’arrivée du numérique a de multiples impacts et soulève de nouveaux enjeux : par exemple, d’autres formes de relation-client avec notamment, une relation entre la marque et le client plus équilibrée, un rapport personnalisé avec chacun, et le développement d’une culture orientée client pour le fidéliser. Ces transformations incluent plusieurs chantiers à mettre en œuvre au sein de l’entreprise, y compris pour la direction de la communication. En effet, celle-ci développe au sein de l’ensemble du Groupe La Poste des actions en faveur d’une « acculturation au numérique » des postiers. L’objectif est de diffuser une culture numérique à destination de l’ensemble des collaborateurs afin de dédramatiser l’usage des innovations technologiques pour pouvoir mieux conseiller les clients. Cette « acculturation au numérique » représente donc un changement organisationnel, et comme tous changements en entreprise, ceux-ci peuvent avoir des impacts sur le plan psychosocial : on parle de risques psychosociaux (RPS) qui sont généralement associés à la notion de stress.

Participation à des chapitres d’ouvrages – 2 – (entre 2016 et 2017) dont 1 dans un ouvrage en travail social

• « Le Grand Dialogue : point de départ d’un ré-agencement des normes organisationnelles pour une prévention des risques psychosociaux (RPS) », Ouvrage collectif suite au colloque d’Org and Co de juin 2015 à Toulouse, Parution en 2016.

Résumé du chapitre : Le « Grand Dialogue », annoncé comme une démarche inédite en faveur du bien être au travail des postiers, semble générer en cascade plusieurs processus communicants et organisants, au delà de la communication du changement qu’il constitue. Au travers de deux études de cas, il ressortira que le travailleur social devient un médiateur inédit en impulsant une communication organisante du changement pour une meilleure prévention des risques psychosociaux (RPS).

• « Dématérialisation, réseaux sociaux, éthique, médiatisation et acculturation au numérique : les « buzzmots » de la transition digitale ? », Ouvrage collectif sous la direction de Vincent Meyer, Transition digitale, handicaps et travail social, LEH Edition, 2017.

Résumé du chapitre : Dans ce chapitre, il s’agit de faire entrer le lecteur dans deux univers. Le premier est l’univers lexical de cette transition digitale comme celui de ses applications effectives qui se font tantôt avec l’accord plus ou moins tacite des citoyens usagers d’un dispositif (social ou autre), tantôt dans des formes managériales où le choix n’est plus de mise. Comprendre le sens des « buzzmots » de la transition digitale, c’est aussi pouvoir les expliquer à celles et ceux des plus fragiles et vulnérables d’entre nous. Le second univers est celui d’une réflexion éthique que nous livrons au lecteur. Chacun a finalement la sienne sur les usages des technologies numériques, s’il en a vraiment une et ne considère pas simplement cette transition comme une énième transformation par des machines des rapports sociaux ?

Recension d’ouvrages – 1 – (en 2014)

• ROMEYER Hélène (2010), La santé dans l’espace public, Communication, vol.33/2 | 2015, Ed. Presses de l’école des hautes études en santé publique (URL : http://communication.revues.org/6132)