Jean-Pierre Mignot

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Recherche

MIGNOT  JEAN-PIERRE

Fonction : Maître de Conférence de Sciences Economiques (HDR)

E-mail : jean-pierre.mignot@iut-tlse3.fr

mignotjp@wanadoo.fr

Tel : 05-63-93-09-72.

                       

 

Perspectives  de  recherche.

La poursuite des travaux engagés depuis 1994 doit prendre des formes diversifiées qui n’en modifient pas pour autant le sens et la portée. Ce travail de recherche porte principalement sur le rôle et la place de la technique dans la théorie de la connaissance dont nous pouvons résumer ainsi la thématique :

- la technique (y compris lorsqu’elle apparaît sous la forme de changement et/ou d’innovation) génère sa propre temporalité dès lors qu’elle est considérée comme le produit (le prolongement) de l’activité de l’homme. A ce titre, elle inclut une mémoire qui se cristallise dans  des objets techniques sous forme de sédimentation de savoirs et de savoir-faire passés et qui eux-mêmes servent de référence à des projections futures ;

- par ailleurs, l’homme se trouve lui-même inséré à la fois dans des rapports sociaux et dans un monde sociétal, c’est à dire dans une histoire qui est elle-même traversée par les phénomènes techniques. C’est de la relation dialectique qui naît de la confrontation entre logique technicienne et univers sociétal que se déduit la compréhension de la technique et de son historicité.

Dès lors, la technique considérée comme variable exogène dans les modèles traditionnels d’obédience néo-classique, ne peut trouver d’explication à la fois dans sa genèse et dans son rôle : elle reste  un coefficient qui vient expliquer les changements dans une fonction de production et qui rend compte, pour partie, du changement dans le choix des facteurs. A l’autre pôle, les évolutionnistes, critiques des variantes orthodoxes, ne poussent pas au bout la logique de cette critique : le concept d’évolution les amènent à prendre impérativement en compte l’histoire qu’il font entrer dans leur schèmes explicatifs  par la grande porte, alors qu’ils l’oublient très vite, la faisant ainsi ressortir par la fenêtre.

Le travail engagé sur le statut épistémologique de la technique et sur le rôle et l’importance de l’organisation dans les processus économiques a trouvé un prolongement naturel dans un nouvel objet à analyser, à savoir la ville et les politiques urbaines qui lui sont associées. Cette nouvelle orientation nous a amené à contribuer à la formation d’une nouvelle équipe au sein du LERASS, l’Equipe de Recherche sur les Politiques Urbaines et soutenables (ERPURS), dont l’activité est dédiée aux aspects des politiques urbaines confrontées aux contraintes du développement durable.

La ville est un artefact et, à ce titre, apparaît comme un pur construit qui fournit à une communauté humaine un cadre « protecteur » qui s’affranchit des contraintes naturelles et qui s’adapte à l’ensemble de ses activités, qu’elles soient économiques, sociales ou culturelles. En tant que tel, elle révèle que l’homme est désormais en mesure d’imposer son ordre et ses rythmes à la nature et d’en éloigner les incertitudes (ou en tous cas, d’en faire semblant). Ceci renvoie donc à l’idée que l’homme appartient certes à la nature mais qu’il a aussi pour soucis (au sens existentiel du terme) de se mettre dans un rapport de domination de celle-ci, à l’instar de l’injonction de Descartes qui le conçoit désormais « comme maître et possesseur de la nature ».

Parce qu’elle est un produit de l’activité des hommes, parce qu’elle exprime en son sein le niveau de développement des techniques en vigueur, la ville apparaît donc comme un résultat technique, voire même comme une technique en tant que telle et son évolution dans le temps prend les contours de l’évolution de la technique ambiante et s’adapte à elle. Les formes de la ville se cristallisent dans le temps (autant que faire se peut) de sorte l’action corrosive du temps marque ses évolutions : à cet égard, on peut dire que la ville devient le champ de tous les possibles que la technique autorise. Or, la technique, c’est le temps, ce qui implique qu’étudier la ville revient à analyser l’impact de la technique sur la ville et aborder le problème de l’évolution de la ville d’un point de vue technique. Nous partons donc de l’hypothèse que le temps de la technique se fixe et se fige dans un espace donné et que vouloir appréhender la ville ne peut se faire que dans une approche qui prend en compte à la fois le mode de production de l’espace[1] considéré et les conditions d’émergence de la technique qui conditionne les formes d’apparition de la ville historiquement déterminées : espace et temps contribuent donc à la connaissance et à la compréhension de la ville.

 

 

 

Publications

(ACL) Articles dans des revues nationales

 Bouchardy I., Méquignon M-A., Mignot J-P., 2013. La ville durable : entre symboles et paradoxes, Revue d'Économie Régionale et Urbaine, soumis

Chapitres d’ouvrages scientifiques

L’interdisciplinarité au service du développement durable. 2016. Sous la dir. de Ait Haddou Hassan, Mequignon Marc, Mignot Jean-Pierre.   Baillargues : Editions de L’Espérou, 2016.

Mignot J-P., Mequignon M., 2016. Du développement durable à la ville durable : les linéaments d’un concept hétérodoxe. Une approche par l’économie.  In L’interdisciplinarité au service du développement durable. Ait Haddou H., Mequignon M., Mignot. J-P., Dir.   Baillargues : Editions de L’Espérou. Les Fondements économiques, p. 19-29. ISBN : 978-2912261816

Méquignon M., Mignot J-P., 2016. De l’habiter au bâti : l’importance de la symbolique architecturale.  In L’interdisciplinarité au service du développement durable. Ait Haddou H., Mequignon M., Mignot. J-P.,  Dir.  Baillargues : Editions de L’Espérou. Normativité et représentations sociales de l’habiter, p. 97-106. ISBN : 978-2912261816

ACTI : Communications avec actes dans un congrès international

 Mignot J.P, Mequignon M-A, Gunia N., 2014.  « Habitat, bâti et développement durable : les ambivalences de la norme », 9ème Congrès RIODD (Réseau Internationnal de recherche sur l’Organisation et le Développement Durable), Environnement et travail : quelles relations ?, Université Bordeaux IV, 1-3 octobre 2014, Actes à paraître.