Olivier Marcant

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IUT département GEA 1, rue Lautréamont
65016 Tarbes

olivier.marcant@iut-tarbes.fr

Recherche

J'ai intégré le LERASS en 2000 avec un projet de recherche autour des politiques publiques de l'eau. L'idée est de procéder à une observation participante de nouvelles procédures de participation, consultation, concertation afin de répondre à la question : permettent-elles d'améliorer l'efficacité, la robustesse, la légitimité de l'action publique? J'ai alors été amené à adopter plusieurs approches pour tenter de répondre à cette interrogation :

- 1ère approche : évaluation des « nouvelles » procédures de politiques publiques. La palette des possibilités à la disposition des décideurs est large (débat public, conférence de citoyens, auditions par un comité des "sages", enquête d'utilité publique, consultation par internet, concertation et négociation …) et une véritable ingénierie sociale innove en permanence dans ce domaine. Mais on ne peut pas faire tout avec n'importe quoi, en particulier la distance à la prise de décision finale est déterminante dans le choix de la procédure et des règles du jeu. Par exemple, la référence permanente à la concertation – à vrai dire souvent effet de communication – se conjugue avec un certain retour à la règle, nécessaire pour améliorer l'efficacité de l'action publique, parfois confondue avec un volontarisme politique. L'ingénierie sociale devrait donc porter davantage sur la recherche d'une meilleure coordination des outils réglementaires et participatifs. En réalité, le souci de l'Etat de se décharger d'un maximum de ses fonctions régaliennes (police de l'eau) conjuguée avec l'impossibilité d'une gouvernance cohérente dans le contexte d'une multiplicité d'acteurs institutionnels peut aussi paradoxalement remettre au goût du jour des paradigmes qui semblaient obsolètes : toute puissance de la parole de l'expert, négociations opaques aux plus hauts niveaux. c'est ce que montre une recherche actuellement en cours sur la réforme controversée des autorisations d'irrigation agricole.

- 2ème approche : comment se construit aujourd'hui l'intérêt général? Celui-ci est de moins en moins accepté comme l'émanation directe de l'Etat et des élus démocratiques, d’un coté, ou d’experts adossés à une Science de plus en plus sujette aux incertitudes. La négociation et la recherche de compromis par confrontation d'intérêts particuliers "bien compris" peuvent-elles suffire à construire l'"utilité publique"? Mais qu'en est-il des valeurs communes reconnues par tous, et quand il y a conflit de valeurs : comment peut s'opérer la coordination d'"économies de la grandeur" (L Boltansky L Thévenot) qui ont des modes de justification et légitimation sans commune mesure? Ces discours porteurs de légitimation des actions innovantes ou a contrario de résistance sont construits par des acteurs dont le jeu et la mise en réseau permettent d'expliquer l'adoption ou la non-adoption d'innovations (enquêtes sur les processus de décision d'aménagements hydro-électriques sur les Gaves depuis le début du siècle)

- 3ème approche :  l'appel aux notions de développement durable, bonne gouvernance, biens publics, patrimoine commun, l'invocation d'une identité territoriale …facilitent-elles la construction d’un vivre en commun ? Ces invocations répétitives dans les discours de justification et de légitimation politiques ne sont-elles –encore et toujours- un moyen de faciliter l’acceptation par le public de projets controversés ?

La pluralité de ces approches m’a ainsi amené à privilégier la transdisciplinarité et le travail avec des équipes de recherche rassemblant d’autres disciplines (économie, droit, sociologie, géographie, sciences politiques…). Depuis 2002, du fait de mon implication dans l'Observatoire de l'Eau du Bassin de l'Adour (hébergé par l'Université de Pau) en tant que Directeur,  je m’intéresse particulièrement à la gestion de l’eau sur le bassin Adour-Garonne et en particulier sur ce bassin, à  la mise en place de la Directive Européenne sur ses aspects économiques et sociétaux (outils économiques d’application de la Directive, participation du public...).

Ces recherches sur les politiques publiques de gestion durable de l'eau participent directement aux thématiques de l'équipe ERPURS sur la Ville Durable. Ma contribution aux travaux de l'équipe consiste principalement dans l'analyse de la pertinence et de l'efficacité d'outils combinés de régulation de la consommation d'eau potable dans l'habitat urbain collectif. Cette approche doit être pluridisciplinaire puisque les outils choisis peuvent être techniques (dispositifs d'économie ou de récupération d'eaux pluviales ou usées), économiques (tarification progressive incitative), institutionnels (modes de gestion des réseaux d'eau potable), juridiques (mise en place de normes), socio-communicationnels (mobilisation et participation des acteurs)...

D'autre part, j'ai proposé à l'équipe de travailler aussi sur la vulnérabilité de la ville à des événements climatiques exceptionnels (crues et inondations). Des procédures de politique publique sont en train de se mettre en place pour accroître la résilience de la ville à ce type de crise de plus en plus fréquente dans un contexte de réchauffement climatique.

Publications

C-COM :Marcant O., 2009. Recherche SHS et besoins en expertise dans les politiques publiques : l’exemple de la protection des ressources en eau potable. Colloque CNRIUT, IUT Lille,9 juin 2009